L’Église a besoin de faire du cardio !

Quand le cœur de l’Église bat pour le monde

Eglise cardio

L’Évangile ressemble à une source d’eau vive. Impossible de le retenir dans un bassin clos, l’eau y stagnerait. Sa nature est de déborder du bassin, de jaillir, de se frayer un chemin, d’abord comme un ruisseau, puis comme un fleuve qui fertilisera les terres les plus lointaines.

David Bosch, une figure majeure de la réflexion missionnaire, a résumé cette réalité par une phrase lumineuse :

« Le don de l’Esprit, c’est le don de s’engager dans la mission, car la mission découle directement de l’effusion de l’Esprit. »

L’Esprit saint : un souffle qui ouvre les portes de la mission

David Bosch n’était pas un théoricien enfermé dans un bureau, mais un homme d’une « courageuse humilité » qui a vécu les tensions de l’apartheid en Afrique du Sud. Il a consacré sa vie à montrer que la mission n’est pas un ministère optionnel de l’Église, mais son ADN même. Pour lui, la mission est une « participation à l’existence de Dieu dans le monde ».

Bosch s’appuie sur le modèle de l’évangéliste Luc. Dans le livre des Actes, Jésus ne lance pas sa mission par un ordre pesant ou une liste de tâches, mais par la promesse d’un catalyseur intérieur : son Esprit en nous (Dieu avec nous). Avant la Pentecôte, les disciples restaient enfermés, par crainte ; après l’effusion de l’Esprit, les portes volent en éclats et l’Église commence à rayonner, dès ses débuts, bien au‑delà de Jérusalem (quinze ethnies sont mentionnées).

Pour Bosch, l’Esprit n’est pas donné pour le confort spirituel d’un entre-soi, mais pour nous « jeter » dans le monde. Christ nous « inspire de l’intérieur » par son Esprit (R. Allen), et nous conduit tout naturellement à agir selon sa nature aimante. C’est ce souffle intérieur qui a permis à l’Église de faire un « bond vers la vie » et de devenir l’avant-garde d’une humanité rachetée (Ben Meyer).

Loin d’être un fardeau, la mission est le fruit naturel d’une vie habitée par Dieu.

La santé de l’Église se mesure (aussi) à son rayonnement

Il existe un lien vital entre la vigueur spirituelle d’une Église locale et sa capacité à regarder au-delà de ses propres murs.

On pourrait comparer ce lien organique au rythme cardiaque : l’Église vit un temps de ressourcement communautaire (le repos du cœur) et un temps pour aller porter la vie (la propulsion du sang).

Ici, le corps, c’est le monde, ou plutôt le peuple de Dieu présent et à venir. Comme un cœur en bonne santé, une Église vivante propulse la vie jusqu’aux extrémités du corps. C’est une Église qui « déborde » : Lesslie Newbigin appelait la mission « un débordement de la Pentecôte ».

Le théologien Johannes Blauw a écrit une phrase que Bosch aimait citer : « C’est précisément en sortant d’elle-même que l’Église est elle-même et qu’elle se trouve ». En d’autres termes, une Église qui se replie sur ses propres besoins, ses finances ou ses querelles internes perd peu à peu son identité. Elle devient une mare stagnante au lieu d’être un fleuve.

En rayonnant, l’Église locale ne s’appauvrit pas, elle découvre, au contraire, sa véritable identité : une communauté envoyée. Elle devient un « signe et un instrument » du Royaume qui vient. Elle offre un avant-goût de la réconciliation universelle préparée par Dieu pour toute sa création. En ce sens, la mission est notre test cardiaque.

Le défi des nouvelles frontières : les peuples sans accès à l’Évangile

Aujourd’hui, cet envoi vise le défi immense et passionnant des peuples encore sans accès à l’Évangile.

Actuellement, plus de sept mille groupes ethniques n’abritent aucune communauté chrétienne capable de partager l’Évangile aux siens. 3,14 milliards d’hommes, de femmes et d’enfants attendent de découvrir l’amour du Père. Quelle formidable invitation à élargir notre vision de la vie de disciple !

La mission ne se limite pas à soutenir des projets ; elle consiste à devenir des « communautés du Royaume » : des témoins de la gloire de Dieu par l’adoration, l’annonce du don de Christ et la compassion là où l’Église locale n’existe pas encore.

Et pour nous, l’Église d’aujourd’hui ?

Quelles sont les implications pour votre Église locale ?

D’abord, cela transforme notre regard sur le service. Puisque chacun a reçu l’Esprit, chacun est aussi témoin. La mission n’est pas réservée à une élite, elle peut commencer par un simple regard de compassion sur notre voisinage, tout en gardant le cœur ouvert pour les nations les plus lointaines. Il s’agit d’incarner les valeurs du royaume – justice, réconciliation, amour des ennemis – ici et là-bas à la fois. Pour une Église locale, S’intéresser aux peuples sans accès à l’Évangile ne signifie pas négliger le témoignage local, mais inscrire celui-ci dans la grande histoire d’un Dieu en mouvement.

Ensuite, cela nous libère de la pression du succès. Puisque la mission est missio Dei (la mission de Dieu), c’est lui qui en demeure l’initiateur et le garant. Nous avons pourtant tendance à croire qu’il nous revient de « sauver le monde » par nos propres forces, n’est-ce pas ? Mais Dieu nous invite plutôt à participer simplement et volontairement à ce que l’Esprit accomplit déjà, dans notre ville comme parmi les peuples non atteints.

Enfin, rappelons-nous qu’une Église locale n’est jamais aussi vivante que lorsqu’elle s’ouvre. Ne craignons pas qu’un élan missionnaire épuise nos ressources : c’est l’inverse qui se produit. Plus nous partageons l’Évangile, plus notre propre foi grandit.

Conclusion

L’Esprit souffle où il veut… et il nous entraîne avec quiconque se laisse conduire. Comme le disait Bosch, nous ne pouvons pas séparer notre être de notre envoi. Prions pour la bonne santé de notre Église, pour un véritable réveil… et préparons-nous à être « jetés » jusqu’aux extrémités de la terre !

Voici un résumé vidéo de l’article (généré automatiquement) :

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