Nous commençons par faire partie du groupe avant de croire

Cet article est un commentaire de « Religion for Realists », par le Dr Samuel PERRY, publié dans Mission Frontiers 48.1 (janv.-fév. 2026, p. 10-14).

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Et si nous avions inversé le processus spirituel ? Samuel Perry explore pourquoi l’intégration sociale précède souvent la conviction théologique et comment cette réalité peut transformer notre vision de l’Église et de la mission.

Le mythe de la « conviction d’abord »

Nous avons longtemps pensé le chemin vers Dieu comme une ligne droite : on entend une prédication, on est convaincu par ses arguments, on croit, puis on rejoint une communauté (je schématise). Samuel Perry, dans son article « Religion for Realists », fait voler ce schéma en éclats. En s’appuyant sur une approche réaliste et sociologique, il démontre que pour l’immense majorité des êtres humains, le processus est inverse : on appartient avant de croire.

Le « réalisme » dont parle Perry consiste à reconnaître que nous sommes des êtres sociaux avant de traiter des données théologiques. Nous rejoignons des groupes où nous nous sentons aimés, acceptés et en sécurité. C’est au sein de cette sécurité relationnelle que nos barrières intellectuelles tombent et que la foi peut germer.

Si l’adhésion doctrinale est la porte d’entrée, nous resterons entre nous. si l’amour est la porte, le monde entrera.

L’Église comme « espace d’appartenance »

Si l’appartenance précède la croyance, impossible de considérer l’Église comme un club exclusif réservé à ceux qui ont « réussi » leurs examens doctrinaux. Elle doit devenir ce que Perry appelle un écosystème d’accueil.

La mission ressemble à un carton d’invitation à la table de Dieu (David Bosch). Dans cet espace, les concepts complexes du Royaume ne sont pas seulement enseignés, ils sont ressentis. Le peuple de Dieu est la preuve vivante de l’histoire qu’il raconte (Christopher Wright). Si l’histoire est celle d’un Père qui accueille l’enfant prodigue, l’Église est la maison qui sent bon le repas de fête, avant même que le fils n’ait fini de réciter son discours de repentance.

Les gens ne cherchent pas une vérité à analyser, ils cherchent une famille à rejoindre.

Inverser la polarité

Comment passer d’une Église « filtre » à une Église « aimant » ?

  • Personnellement : Ne craignons pas d’inviter nos amis non-croyants dans nos cercles de vie (repas, loisirs, groupes d’entraide) sans attendre qu’ils soient « prêts » à entendre un message spirituel. L’amitié est le laboratoire de la foi.
  • En tant que responsables d’Église : créons des « zones grises » ou des étapes intermédiaires où l’on peut servir, participer et appartenir sans avoir encore signé une confession de foi. Valorisons la présence autant que la croyance.
  • Dans nos groupes de prière : prions pour que notre communauté développe une « culture de la paix » si forte qu’un étranger s’y sente instantanément chez lui. Prions pour que l’amour fraternel soit l’argument apologétique le plus puissant.

Et chez nous ?

Dans nos pays francophones, la méfiance envers le « religieux » est à son comble. Proposer une « religion », c’est comme inviter un ami végan à un barbecue. En revanche, proposer une communauté authentique face à la solitude moderne, c’est un retour aux sources révolutionnaire. L’approche de Perry vise à réchauffer notre pragmatisme. Elle nous rappelle que le cœur a ses raisons que la raison (théologique) ne connaît point encore.

Le Saint-Esprit utilise souvent la chaleur d’un foyer pour faire fondre la glace de l’incrédulité.

Conclusion : une mission de réconciliation

Le réalisme de Samuel Perry nous rend humbles. Nous ne sommes pas les gardiens d’un temple fermé, mais les intendants d’une maison ouverte. Dieu nous a aimés alors que nous étions encore pécheurs (et donc non-croyants). Son appartenance nous a été acquise à la Croix bien avant notre premier « Amen ». À nous d’imiter Dieu.

Votre Église est-elle un endroit où l’on peut se sentir « chez soi » avant d’être « en règle » ? Comment pourriez-vous abaisser les seuils d’entrée sans diluer l’Évangile ? Partagez vos réflexions en commentaire !

PS : une vidéo résume cet article sur ma chaîne YouTube :

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4 réflexions au sujet de “Nous commençons par faire partie du groupe avant de croire”

  1. Bonjour, cet article est juste ne forçons pas les choses c’est Dieu qui appel qui change qui transforme, nous nous devons aimé Dieu et aimons nos prochain comme nous même, aider les gens dans leur quotidien si on peux, briser ce costume d’individualité dans cet monde occidentaux où l’ennemie détourne l’idée des gens, Dieu nous appelle a faire preuve d’amour sincère d’où l’évangile viendra après. Allons pas à pas suivie de la prière et étre à l’écoute du saint esprit. Que Dieu nous bénisse tous et nous donne un cœur apaisé et une vision spirituelle. Bonne journée

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  2. J’étais toujours convaincu que tout commence par des invitations à la maison dans le naturel et le plus souvent les gens sont ravis ! C’est dans ses moments de qualités que les personnes se sentent en confiance dans la spontanéité et les non dits sont exprimés .

    Delphine

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    • Tout à fait ! Cet article donne un fondement plus scientifique à nos intuitions. Espérons que l’Église s’en empare. Nous avons besoin d’authenticité dans nos relations. C’est le modèle de Jésus.

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